INTRODUCTION À LA FLORE VASCULAIRE TERRESTRE D'EUROPA

Avertissements : Ces données concernent uniquement les taxons recensés avec certitude (= exclusion des mentions douteuses ou anciennes pour lesquelles les taxons n’ont pas été retrouvés récemment). Elles sont provisoires et peuvent évoluer en fonction de l’examen des échantillons collectés en cours de détermination et selon l’acquisition de nouvelles connaissances.

Suite à un important travail de détermination et de mises à jour taxonomiques réalisé par Vincent BOULLET, la flore vasculaire des îles Éparses vient d'être intégrée au référentiel national TAXREF (Version 9.0) du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Toute utilisation des données implique la citation suivante : BOULLET, V. & HIVERT, J.. Index des Trachéophytes des Îles Éparses.

 

Mise à jour : 21 décembre 2016

EUR graphique1La flore vasculaire terrestre d’Europa se compose de 94 taxons regroupés au sein de 35 familles botaniques.

Ils se répartissent en 47 indigènes (50%), 39 exotiques (41%) et 8 cryptogènes (9%).

La flore indigène est relativement peu diversifiée compte-tenu des conditions climatiques subarides de l’île, de sa relative jeunesse et de ses dimensions restreintes.

    

Europa graphique2Au niveau de leur distribution géographique, on constate que plus de la moitié des taxons indigènes ont une répartition relativement large (24% sont pantropicales, 6% sont paléotropicales, 19% ont une répartition indo-pacifique et 2% ont une distribution africaine). Plus d'un tiers des taxons indigènes sont présents sur des aires biogéographiques relativement restreintes telles que l’ouest de l’Océan Indien (24%) et Madagascar (15%).

Enfin, 2 taxons sont endémiques à Europa.

 

 

Sur le plan patrimonial, la flore indigène d’Europa présente plusieurs aspects remarquables :

- présence de 2 endémiques strictes : Achyranthes sp.3 et Euphorbia sp.1 (actuellement en cours de description)

- cortège diversifié de la flore halophile des sansouires de l'ouest de l'océan Indien avec 5 espèces : Salicornia pachystachya , Suaeda monoica , Tecticornia indica, Salsola littoralis, Sesuvium portulacastrum

- présence de 7 (ex-)endémiques de Madagascar : Cynanchum luteifluens, Dactyloctenium capitatum, Eragrostis capuronii, Euphorbia stenoclada, Ficus marmorata, Psiadia altissima, Salsola littoralis

- présence d'une endémique de l’ouest de l’Océan Indien : Panicum voeltzkowii (sensu largo)

- présence de 14 taxons indigènes présentant une valeur patrimoniale compte tenu de leur rareté et de leur état de menace sur Europa (considérées comme 'En danger critique d'extinction' ou 'En danger' ou 'Vulnérable' à l'échelle régionale) : Cordia subcordata, Guettarda speciosa, Hibiscus tiliaceus, Ipomoea violacea, Lycium elliotii (sensu largo), Ophioglossum lancifolium, Ophioglossum polyphyllum, Phyllanthus sp.2, Phyllanthus sp.3, Pisonia grandis, Portulaca aff. tuberosa, Salicornia pachystachya, Suaeda monoica, Thespesia populneoides

 L'identification taxonomique complète de populations originales sur Europa (cas de Achyranthes cf. talbotii, Fimbristylis cymosa s. l., Lycium elliotiis. l., Phyllanthus sp.2, Phyllanthus sp.3, Portulaca aff. tuberosa) pourrait aussi révéler de nouveaux taxons patrimoniaux. 

 

La flore exotique (39 taxons) apparaît plus diversifiée que ce qui avait été indiqué jusque-là et représente une part non négligeable de la flore d’Europa. Bien que liée presque exclusivement à des habitats anthropiques (implantations humaines anciennes et récentes, chemins, piste d’aviation, anciennes cultures de sisal et de choca), elle démontre un processus d'apport croissant avec le volume d'échanges de biens et de personnes (à ce sujet, la similitude de la flore des pistes d'atterrissage de la Grande Glorieuse et d'Europa est troublante) et reste une préoccupation en terme d'invasions végétales potentielles. En effet, alors que 6 taxons sont présents uniquement à l’état planté, 31 sont localement naturalisés et 2 sont considérés comme largement naturalisés.

EUR graphique3Alors que le climat subaride et les fortes contraintes édaphiques (salinité, sols squelettiques) constituent probablement des obstacles importants au développement des processus invasifs, on peut malgré tout noter que 4 espèces présentent une capacité d’invasion moyenne à forte (taxons capables de coloniser des milieux naturels indigènes). Il s’agit de Furcraea foetida (choca) et d’Agave sisalana (sisal), 2 espèces anciennement cultivées et qui colonisent aujourd’hui la zone d’euphorbaie ainsi que Casuarina equisetifolia (filao) qui se développe au sein des formations littorales indigènes au nord de l’île, et Urochloa maxima (fataque), une herbacée exotique nouvellement envahissante.

 

EUR graphique4L’analyse des statuts de culture de la flore vasculaire révèle que 13 taxons sont présents à l’état cultivé sur Europa : 10 ont été introduits à petite échelle, essentiellement autour des zones d’habitation, et répondent à des vocations ornementales et/ou alimentaires, et 3 ont été anciennement cultivés en grand au sein des milieux naturels en vue de production agricole (cas du choca et du sisal) ou pour probablement favoriser la localisation de sources d'eau douce (cas du filao). Ce nombre réduit de taxons cultivés témoigne de la faible volonté de pratiquer des plantations artificielles sur Europa ou de leur faible réussite dans le temps.

 

En termes de similarités floristiques entre la flore d'Europa et celle des autres îles Éparses, on peut constater que :

- 49 taxons (22 indigènes, 5 cryptogènes et 22 exotiques) sont également présents sur Juan de Nova, soit environ 52% de la diversité floristique globale

- 42 taxons (19 indigènes, 3 cryptogènes et 20 exotiques) sont également présents aux Glorieuses, soit environ 45% de la diversité floristique globale

- 9 taxons (2 indigènes,cryptogène et 6 exotiques) sont également présents sur Tromelin, soit environ 10% de la diversité floristique globale.

 

Pour information, un certain nombre de taxons recensés anciennement et non revus récemment n’ont pas été retenus au cours de cette analyse car présentant un doute sur leur détermination et/ou leur présence sur le territoire. C’est le cas de : Barringtonia sp1, Boerhavia diffusa, Clerodendrum sp1, Eragrostis pilosa, Euphorbia thymifolia, Scaevola taccada et Thespesia populnea. Pour ces derniers, nous ne pouvons donc conclure sur leur statut (erreur de détermination ou taxon correctement décrit mais aujourd’hui disparu ?).