INTRODUCTION À LA FLORE VASCULAIRE TERRESTRE DES GLORIEUSES

Avertissements : Ces données concernent uniquement les taxons recensés avec certitude (= exclusion des mentions douteuses ou anciennes pour lesquelles les taxons n’ont pas été retrouvés récemment). Elles sont provisoires et peuvent évoluer en fonction de l’examen des échantillons collectés en cours de détermination et selon l’acquisition de nouvelles connaissances.

Suite à un important travail de détermination et de mises à jour taxonomiques réalisé par Vincent BOULLET, la flore vasculaire des îles Éparses vient d'être intégrée au référentiel national TAXREF (Version 9.0) du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Toute utilisation des données implique la citation suivante : BOULLET, V. & HIVERT, J.. Index des Trachéophytes des Îles Éparses.

 

Mise à jour : 21 décembre 2016

GLO graph1La flore vasculaire terrestre des Glorieuses se compose de 123 taxons regroupés au sein de 49 familles botaniques.

Ils se répartissent en 72 indigènes (58%), 2 cryptogènes (2%) et 49 exotiques (40%).

La flore indigène des Glorieuses s'avère nettement plus diversifiée que ce qui avait été indiqué jusque-là. Cette biodiversité végétale, relativement élevée, peut s’expliquer en partie par le fait que le climat des Glorieuses est relativement clément et très arrosé.

 

Si l’on compare la diversité floristique propre à chaque île de l’archipel des Glorieuses, on constate que la Grande Glorieuse présente le maximum de taxons (119) mais l'un des taux les plus faibles en espèces indigènes (59%). Les autres îles, de taille nettement plus réduite, présentent une faible diversité floristique mais des taux d’indigénat élevés (de 60% à 100%).

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GLO graphique3Au niveau de leur distribution géographique, on constate que plus des deux tiers des taxons indigènes ont une répartition relativement large (3% sont cosmopolites, 31% sont pantropicales, 17% sont paléotropicales et 19% ont une distribution indo-pacifique). L’apport de taxons indigènes en provenance stricte de Madagascar est négligeable (seulement 1%) tandis que 29% des taxons indigènes ont une distribution de type ouest Océan Indien fortement liée aux îles coralliennes des Seychelles.

En termes d’endémicité, en l’état actuel des connaissances, il n’y aurait pas d’espèce strictement endémique aux Glorieuses (sous réserve de taxons restant à déterminer).

 

Sur le plan patrimonial, la flore indigène des Glorieuses présente plusieurs aspects remarquables :

- présence de 10 endémiques régionales :

    • 3 (ex-)endémiques des Seychelles coralliennes du groupe Aladabra : Bulbostylis basalis, Euphorbia stoddartii, Portulaca mauritiensis var. aldabrensis
    • 2 (ex-)endémiques des Seychelles : Eragrostis subaequiglumis et Nesogenes prostrata
    • 1 (ex-)endémique de Madagascar : Ficus grevei
    • 3 endémiques de l'ouest de l'Océan Indien : la Pteridacée Adiantum hirsutum, l'Orchidée Disperis tripetaloides et la Graminée Panicum voeltzkowii (sensu largo)
    • 1 endémique du canal du Mozambique (présente sur Juan de Nova et sur la Grande Glorieuse) : la Malvacée Perrierophytum glomeratum

- présence de taxons rares et/ou menacés (affectation d'un statut de menace régionale en cours) :

    • des ligneux tels que Ochrosia oppositifolia, Sophora tomentosa subsp. tomentosa, Hibiscus tiliaceus et Thespesia populneoides
    • des herbes telles que Enteropogon sechellensis, Melanthera biflora, Sclerodactylon macrostachyum et Sesuvium portulacastrum
    • des orchidées telles que Disperis tripetaloides et Nervilia bicarinata
    • des fougères telles que Adiantum hirsutum et Adiantum philippense

L'identification taxonomique complète de populations originales sur les Glorieuses (cas de Boehravia spp., Evolvulus alsinoides (variétés à préciser), Fimbristylis cymosa R. Br. s. l. et Solanum sp.1) pourrait aussi révéler de nouveaux taxons patrimoniaux. 

 

La flore exotique des Glorieuses présente une biodiversité assez élevée (49 taxons). De plus, la grande majorité de ces espèces (environ 96%) sont devenues spontanées : 39 sont localement naturalisées et 8 sont largement naturalisées. Ces espèces introduites volontairement ou non par l’Homme ont été largement favorisées par les perturbations causées sur les milieux naturels, en particulier sur la Grande Glorieuse au cours des périodes d’exploitation de la cocoteraie s’étalant de 1885 à 1958. Ainsi, on retrouve des plantes exotiques aussi bien au sein de zones perturbées (zones d’habitation, sentiers, abords de la piste d’aviation) que dans les milieux naturels et semi-naturels. Tout comme les autres îles Éparses, force est de constater que ces nouveaux apports de taxons par l’Homme sont toujours d’actualité compte tenu des nombreux échanges de biens et de personnes.

GLO graph4 Sur le plan des invasions végétales, la majorité des taxons exotiques (37 soit 76% des exotiques) ne semble pas faire preuve de capacités d’invasion des milieux naturels ou semi-naturels. Cependant, pratiquement un quart des taxons exotiques présente des capacités d’invasion jugées faible (5 taxons), moyenne (5 taxons) ou forte (2 taxons : Casuarina equisetifolia [filao] et Passiflora suberosa [liane poc-poc]). Ce constat est particulièrement vrai pour la Grande Glorieuse tandis que les autres iles, nettement moins impactées par l’Homme, semblent relativement préservées de cette menace.

 

GLO graph5 L’analyse des statuts de culture de la flore vasculaire des Glorieuses révèle que 15 taxons sont présents à l’état cultivé : 10 à petite échelle (pour des raisons ornementales et/ou alimentaires) et 5 à grande échelle (à vocation de production agricole ou sylvicole ou pour la protection des sols). Bien que ces tentatives de culture ne soient plus d’actualité, elles ont profondément modifié les paysages et la naturalité de la Grande Glorieuse.

 

En termes de similarités floristiques entre la flore des Glorieuses et celle des autres îles Éparses, on peut constater que :

- 40 taxons (22 indigènes, 2 cryptogènes et 16 exotiques) sont également présents sur Europa, soit environ 33% de la diversité floristique globale

- 74 taxons (44 indigènes, 2 cryptogènes et 28 exotiques) sont également présents sur Juan de Nova, soit environ 60% de la diversité floristique globale

- 14 taxons (7 indigènes, 1 cryptogène et 6 exotiques) sont également présents sur Tromelin, soit environ 11% de la diversité floristique globale.

Pour information, un certain nombre de taxons recensés anciennement et non revus récemment n’ont pas été retenus au cours de cette analyse car présentant un doute sur leur détermination et/ou leur présence sur le territoire. C’est le cas de : Adenia sp., Apodytes dimidiata, Boerhavia diffusa, Boerhavia repens, Eragrostis amabilis, Plumbago aphylla, Solanum americanum, Thespesia populnea, Tricholaena monachne. Pour ces derniers, nous ne pouvons donc conclure sur leur statut (erreur de détermination ou taxon correctement décrit mais aujourd’hui disparu ?).

D’autre part, 7 taxons recensés uniquement à l’état de germination au sein des laisses de mer n’ont pas été pris en compte car considérés comme non installés sur le territoire. Il s’agit de : Entada rheedei, Fabaceae X1, Heritiera littoralis, Mucuna sp.2, Pongamia pinnata, Rhizophora mucronata et Xylocarpus moluccensis.