INTRODUCTION À LA FLORE VASCULAIRE TERRESTRE DE TROMELIN

Ces données concernent uniquement les taxons recensés avec certitude (= exclusion des mentions douteuses ou anciennes pour lesquelles les taxons n’ont pas été retrouvés récemment). Elles sont provisoires et peuvent évoluer en fonction de l’examen des échantillons en cours de détermination et selon l’acquisition de nouvelles connaissances et les évolutions taxonomiques et nomenclaturales.

Grâce à un important travail de détermination et de mises à jour taxonomiques réalisé par Vincent BOULLET, l'index de la flore vasculaire des îles Éparses est régulièrement reversé dans le référentiel national TAXREF.

Toute utilisation des données implique la citation suivante : BOULLET, V. & HIVERT, J.. Index des Trachéophytes des Îles Éparses.

 

 

Mise à jour : novembre 2017

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La flore vasculaire terrestre de Tromelin se compose de 21 taxons regroupés au sein de 18 familles botaniques.

Ils se répartissent en 7 indigènes (33%) et 14 exotiques (67%).

Il convient de noter que parmi l'ensemble de ces taxons 8 ont aujourd'hui disparu de Tromelin (7 exotiques et 1 indigène).

C’est le territoire qui présente la plus faible diversité floristique parmi les îles Éparses.

La flore indigène de Tromelin est pauvre, ce qui peut s’expliquer par les dimensions réduites de l’île (environ 1 km2), par son isolement géographique et par ses conditions environnementales très rudes.

 

 

 

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Au niveau de leur distribution géographique, on constate que plus des deux tiers (71,5%) des taxons indigènes ont une aire biogéographique relativement vaste, de type cosmopolite, pantropicale ou indo-pacifique, et qu'environ 14% sont inféodés à l’ouest de l’océan Indien.

Enfin, 1 taxon est strictement endémique à Tromelin.

 

 

 

 

Sur le plan patrimonial, la flore indigène de Tromelin se distingue par la présence de Boerhavia sp.2, une endémique stricte en cours de description.

Elle est également marquée par Portulaca mauritiensis var. aldabrensis qui était considérée jusqu’alors comme endémique de certaines iles coralliennes des Seychelles (Aldabra, Assumption, Cosmoledo, Farquhar). Enfin, Triumfetta procumbens (Malvaceae) présente une certaine valeur patrimoniale compte tenu de sa faible répartition à l'échelle régionale et nationale.

 

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Au niveau des statuts de menace, parmi les 7 taxons indigènes, 2 sont considérés comme menacés d’extinction à Europa. Il s'agit de Portulaca mauritiensis et Triumfetta procumbens qui sont jugés en ‘Danger critique’ (CR).

Les taxons CR présentent des effectifs en individus matures très réduits (< 50) et un nombre de stations très faible.

Les autres taxons ont été catégorisés en ‘Préoccupation mineure’ (LC ; n = 3) ou en 'Données insuffisantes' (DD ; n =1) ou en ‘Non applicable’ (NA ; n = 1 ; cas d’une espèce casuelle aujourd’hui disparue).

 

 

 

La flore exotique de Tromelin est largement dominante en termes de nombre de taxons (n = 14), bien que 7 d'entre eux ont aujourd'hui disparu (espèces anciennement introduites et cultivées).

6 taxons ne sont  pas spontanés, c’est-à-dire présent uniquement grâce à l’intervention de l’homme, tandis que 8 taxons sont localement naturalisés et se cantonnent autour des zones d’habitation.

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Sur le plan des invasions végétales, la grande majorité des taxons exotiques ne présente pas de capacité d’invasion significative (9 taxons, soit environ 64% des exotiques). Seuls 4 taxons apparaissent faiblement envahissants (Cocos nucifera, Consolea falcata, Euphorbia prostrata et Lepidium englerianum) alors qu'1 taxon est jugé comme moyennement envahissant (Euphorbia hirta).

 

 

 

 

 

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L’analyse des statuts de culture de la flore vasculaire de Tromelin met clairement en évidence la volonté de plantation de plantes alimentaires et ornementales des personnels se succédant sur ce minuscule territoire particulièrement hostile.

En effet, on constate que 10 taxons (soit 48% de la diversité floristique globale) sont présents à l’état de plantation à vocation ornementale ou alimentaire. Ces plantations, généralement récentes, sont réalisées à petite échelle, à proximité du camp météorologique. On peut noter que la majorité des individus cultivés présentent un état sanitaire guère satisfaisant et que dans bon nombre de cas ces plantations ne tiennent pas dans le temps.

 

 

Les inventaires réalisés en 2011 et en 2013 ont également permis de noter la présence de quelques plantes cultivées en pots : Ananas comosus (ananas), Capsicum frutescens (piment-oiseau), Carica papaya (papaye), Citrus cf. sinensis (oranger), Curcuma amada (gingembre-mangue), Piper nigrum (poivre noir), ou encore Solanum lycopersicum (tomate). Là encore, le taux de réussite est globalement très faible.

 

En termes de similarités floristiques entre la flore de Tromelin et celle des autres îles Éparses, on peut constater que :

8 taxons (2 indigènes et 6 exotiques) sont également présents sur Europa, soit environ 38% de la diversité floristique globale

- 11 taxons (3 indigènes et 8 exotiques) sont également présents à Juan de Nova, soit environ 52% de la diversité floristique globale

- 12 taxons (4 indigènes et 8 exotiques) sont également présents aux Glorieuses, soit 57% de la diversité floristique globale.

Pour information, un taxon recensé anciennement et non revu récemment n’a pas été retens au cours de cette analyse car présentant un doute sur sa détermination et/ou sur sa présence sur le territoire. C’est le cas d'Achyranthes aspera pour lequel nous ne pouvons donc conclure sur son statut (erreur de détermination ou taxon correctement décrit mais aujourd’hui disparu ?).

Enfin, les relevés effectués sur les diaspores ramenées par l'océan au niveau des laisses de mer s'avèrent pauvres aussi bien en termes de taxons qu'au point de vue quantitatif (seules quelques semences de Aleurites moluccanus, Cocos nucifera, Entada rheedei, Guilandina bonduc et Mucuna gigantea ont été trouvées). Aucun cas de germination in situ de ces dernières n'a pu être observé.