INTRODUCTION À LA FLORE VASCULAIRE TERRESTRE DE TROMELIN

Avertissements : Ces données concernent uniquement les taxons recensés avec certitude (= exclusion des mentions douteuses ou anciennes pour lesquelles les taxons n’ont pas été retrouvés récemment). Elles sont provisoires et peuvent évoluer en fonction de l’examen des échantillons collectés en cours de détermination et selon l’acquisition de nouvelles connaissances.

Suite à un important travail de détermination et de mises à jour taxonomiques réalisé par Vincent BOULLET, la flore vasculaire des îles Éparses vient d'être intégrée au référentiel national TAXREF (Version 9.0) du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Toute utilisation des données implique la citation suivante : BOULLET, V. & HIVERT, J.. Index des Trachéophytes des Îles Éparses.

 

Mise à jour : 21 décembre 2016

TRO graph1La flore vasculaire terrestre de Tromelin se compose de 21 taxons regroupés au sein de 17 familles botaniques.

Ils se répartissent en 6 indigènes (29%), 14 exotiques (67%) et 1 cryptogène (4%).

C’est le territoire qui présente la plus faible diversité floristique parmi les îles Éparses.

La flore indigène de Tromelin est pauvre, ce qui peut s’expliquer par les dimensions réduites de l’île (environ 1 km2), par son isolement géographique et par ses conditions environnementales très rudes (forte salinité, recouvrement de l’île par les vagues lors des houles cycloniques).

 

TRO graphique2Au niveau de leur distribution géographique, on constate que plus des deux tiers (67%) des taxons indigènes ont une aire biogéographique relativement vaste, de type cosmopolite à indo-pacifique, et que 33% sont inféodés à l’ouest de l’Océan Indien.

Il ne semble pas y avoir de taxon endémique à Tromelin (sous réserve de taxons restant à déterminer).

 

Sur le plan patrimonial, la flore indigène de Tromelin ne semble pas présenter d’enjeux importants, hormis pour une herbacée de la famille des Portulacacées (Portulaca mauritiensis var. aldabrensis) qui était considérée jusqu'alors comme endémique de certaines iles coralliennes des Seychelles (Aldabra, Assumption, Cosmoledo, Farquhar). Un nouveau taxon pour Tromelin, recensé en 2013, Triumfetta procumbens (Malvaceae), présente une certaine valeur patrimoniale compte tenu de sa faible répartition à l'échelle régionale et nationale.

La flore exotique de Tromelin est largement dominante en termes de nombre de taxons (n = 14). 7 taxons ne sont  pas spontanés, c’est-à-dire présent uniquement grâce à l’intervention de l’homme, tandis que 5 taxons sont localement naturalisés et se cantonnent autour des zones d’habitation et que 2 sont plus largement naturalisés et présents sur pratiquement l’ensemble de l’île.

TRO graph3Sur le plan des invasions végétales, la grande majorité des taxons exotiques ne présentent pas de capacité d’invasion significative (10 taxons, soit environ 72% des exotiques). Seuls 3 taxons apparaissent faiblement envahissants et 1 seul, Sida pusilla une herbacée de la famille des Malvacées, est capable d’envahir les milieux naturels de Tromelin.

 
 

TRO graph4L’analyse des statuts de culture de la flore vasculaire de Tromelin met clairement en évidence la volonté de plantation de plantes alimentaires et ornementales des personnels se succédant sur ce minuscule territoire particulièrement hostile. En effet, on constate que 10 taxons (soit 48% de la diversité floristique globale) sont présents à l’état de plantation à vocation ornementale ou alimentaire. Ces plantations, généralement récentes, sont réalisées à petite échelle, à proximité du camp météorologique. On peut noter que la majorité des individus cultivés présentent un état sanitaire guère satisfaisant et que dans bon nombre de cas ces plantations ne tiennent pas avec le temps.

 

Les inventaires réalisés en 2011 et en 2013 ont également permis de noter la présence de quelques plantes cultivées en pots : Ananas comosus (ananas), Capsicum frutescens (piment-oiseau), Carica papaya (papaye), Citrus cf. sinensis (oranger), Curcuma amada (gingembre-mangue), Piper nigrum (poivre noir), ou encore Solanum lycopersicum (tomate). Là encore, le taux de réussite est globalement très faible.

 

En termes de similarités floristiques entre la flore de Tromelin et celle des autres îles Éparses, on peut constater que :

9 taxons (2 indigènes, 1 cryptogène et 6 exotiques) sont également présents sur Europa, soit 43% de la diversité floristique globale

- 14 taxons (4 indigènes, 1 cryptogène et 9 exotiques) sont également présents à Juan de Nova, soit 67% de la diversité floristique globale

- 14 taxons (5 indigènes, 1 cryptogène et 8 exotiques) sont également présents aux Glorieuses, soit 67% de la diversité floristique globale.

Pour information, un taxon recensé anciennement et non revu récemment n’a pas été retens au cours de cette analyse car présentant un doute sur sa détermination et/ou sur sa présence sur le territoire. C’est le cas d'Achyranthes aspera pour lequel nous ne pouvons donc conclure sur son statut (erreur de détermination ou taxon correctement décrit mais aujourd’hui disparu ?).

Enfin, les relevés effectués sur les diaspores ramenées par l'océan au niveau des laisses de mer s'avèrent pauvres aussi bien en termes de taxons qu'au point de vue quantitatif. Aucun cas de germination in situ de ces dernières n'a pu être observé.