Index de l'article

Généralités sur les herbiers

En botanique, le terme « herbier » désigne depuis le XVIIIème siècle une collection d’échantillons végétaux préalablement pressés et séchés, puis montés sous forme de « planches » dûment étiquetées. Il s’agit donc d’une collection de plantes séchées, qui peut concerner des plantes vasculaires, des bryophytes, des lichens, des algues ou encore des champignons. Historiquement, Luca GHINI (1500 – 1556), un professeur de botanique italien, aurait été le premier à faire sécher des plantes et à les monter dans le but de constituer des échantillons de référence.
Un herbier peut être complété par d’autres types de collections telles que :
  • des échantillons conservés dans de l’alcool qui conservent ainsi leur taille et leur forme (cas des fleurs par exemple)
  • des parties de végétal ou des coupes de tissus végétaux montées sur des lames de verre en vue d’observations microscopiques
  • des échantillons végétaux déshydratés et conservés dans du gel de silice pour des études génétiques
  • des collections de semences (= séminothèque), de fruits (= carpothèque) ou des essences de bois (= xylothèque)
 
 
Un herbier peut également désigner l’établissement ou l’institution qui assure la conservation d’une telle collection. Il existe un répertoire international listant les différents herbiers mondiaux de référence ainsi que les spécialistes qui y travaillent : l’Index herbariorum. Ce listing référence aujourd'hui 3400 herbiers et environ 10000 spécialistes. Ces établissements peuvent être publics ou privés et sont d’importance variable en fonction de la taille et de la valeur des collections qu’ils rassemblent (présence de planches anciennes, de planches « types » ayant servies de référence afin de nommer un taxon…). On estime que l'ensemble de ces herbiers de référence abritent aux alentour de 350 millions de spécimens recensant la flore terrestre durant ces 400 dernières années. Parmi les principaux herbiers de plantes vasculaires, citons l’herbier du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris qui, démarré il y a plusieurs siècles, compte aujourd’hui plus de 8 millions de spécimens illustrant 290 000 des 320 000 espèces vasculaires à travers le monde !

Un herbier est donc à la fois une banque de données, un lieu de stockage d’information sous forme d’échantillons botaniques et d’étiquettes et un musée. Bien que constitué de planches de végétaux morts, un herbier est paradoxalement un outil vivant qui ne cesse de s’enrichir et d’évoluer grâce à un travail collectif, constituant un véritable témoin de l’évolution des connaissances. Il répond à de multiples vocations.

D’un point de vue scientifique, les échantillons d’herbier et les étiquettes qui leur sont associées permettent de :

  • servir de référence pour la description des espèces végétales. Ils permettent de s’affranchir de la subjectivité de certaines descriptions et de conserver des détails qui n’auraient pas été notés. Les herbiers sont donc essentiels à l'étude taxinomique des plantes (de leurs caractères botaniques) permettant la détermination et la comparaison de spécimens conduisant à la publication d'un nouveau taxon ou, au contraire, de détecter un synonyme superflu contribuant ainsi à la stabilisation de la nomenclature
  • fournir des informations sur la répartition géographique et altitudinale du taxon sur un territoire donné à un temps donné grâce aux annotations portant sur la collecte (date, commune, localité, altitude, coordonnées GPS...)
  • apporter de la connaissance sur les milieux et les habitats au sein desquels prend place le taxon grâce aux données phytogéographiques associées (milieu, habitat)
  • préciser les périodes de floraison et de fructification d’un taxon donné en compilant les informations liées à la phénologie du taxon collecté (date de collecte et état phénologique)
  • constituer parfois le dernier témoignage dans le cas de taxons disparus, sachant qu’en bonnes conditions une planche d’herbier peut se conserver plusieurs centaines d’années

La synthèse de toutes ces informations et les illustrations que l’on peut réaliser à partir des échantillons végétaux sont ensuite publiées dans des flores regroupant toutes les espèces d’u“ne même famille ou d’une région donnée. En plus de fournir un outil en systématique et en biologie pour la description et la connaissance des espèces végétales, un herbier peut être utilisé dans des domaines tels que la biologie de la conservation, l’aménagement du territoire ou encore dans de nombreuses thématiques de recherche (évolution du vivant, santé et médecine [cas des plantes médicinales], génétique…).

D’un point de vue pédagogique, un herbier constitue un excellent outil éducatif mêlant rigueur scientifique, sens de l’observation, esprit d’analyse et travail manuel. En effet, les diverses étapes de réalisation d’un herbier (récolte et prise de données sur le terrain, phases de mise sous presse, de séchage, de montage et de renseignements de l’étiquette) font intervenir des phases in situ et ex situ tout à fait complémentaires et pour lesquelles il convient de faire preuve d’une grande rigueur afin de garantir la qualité des échantillons montés et celle de l’information figurant sur leur étiquette. Réalisable aussi bien par des adultes que par des enfants, des plus expérimentés aux néophytes, la démarche de constituer un herbier est éducative à plusieurs titres (dynamique de projet, travail collectif, consignes à suivre, travail nécessitant soin et patience) et constitue un outil de sensibilisation à l’environnement et de reconnaissance des taxons absolument extraordinaire et peu onéreux.

 

 

 

L’HERBIER DE LA FLORE VASCULAIRE DES ÎLES ÉPARSES

ET AUTRES COLLECTIONS VÉGÉTALES

 

Planche Herbier Psialt completDans la continuité de ses collections portant sur la flore vasculaire terrestre de La Réunion et de Mayotte, le CBM abrite des échantillons végétaux collectés sur les îles Éparses. Ces collections sont de 4 types : une alcoothèque (= parts végétales conservées dans des piluliers d'alcool à 70°), une carpothèque (= fruits et graines conservés en l'état), une collection en silicagel (= fragments végétaux conservés dans des billes de silicagel) et, la principale, un herbier (= parts végétales séchées). L'objectif de ces collections, complémentaires les unes par rapport aux autres, est de disposer d'un maximum de matériel végétal prélevé in situ, puis conditionné selon diverses méthodes afin de favoriser l'observation et l'étude de la flore vasculaire terrestre des îles Éparses.

Ces collections de végétaux ont été initiées en 2004, lors des premières missions de terrain du CBM (Vincent BOULLET) sur les îles Éparses dont la flore était encore largement méconnue et très peu échantillonnée. Les parts collectées alcoothèqueIEconcernaient essentiellement des taxons dont la détermination était douteuse in situ et dont il était nécessaire de disposer de matériel pour une étude plus approfondie. À partir de 2011, qui coïncide avec la réalisation de missions de terrain de moyenne à longue durée, la collecte de parts végétales s'est intensifiée et les collections ont été mises en place (bases de données, conditionnement et étiquetage des échantillons). Complétées au gré des missions, régulièrement entretenues, elles ne cessent d'évoluer depuis.

carpothèqueIEBien que récentes, ces collections regroupent aujourd'hui des échantillons de la plupart des espèces végétales indigènes et exotiques recensées sur les îles Éparses. Elles représentent donc un outil complet, unique et indispensable pour l'étude de la flore vasculaire des îles Éparses et font à ce titre l'objet de partenariats officiels depuis 2013 avec les herbiers du Missouri Botanical Garden et du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. Depuis 2019 des parts végétales sont également transmises au Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève (Suisse), au Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza (Antananarivo, Madagascar), à l'antenne de Mayotte du CBM et à l'Université Libre de Bruxelles. Ces collections du CBNM sont référencées dans le cadre du réseau des herbiers de France piloté par Tela Botanica et au sein de l’Index herbariorum.

Max Tableau3 CollVegIEbis

L'herbier est la principale composante des collections de la flore vasculaire des îles Éparses du CBM. Sa réalisation nécessite diverses étapes, quelques outils, certaines règles, un peu de bricolage et une bonne dose de savoir faire. Il résulte de l'intervention de nombreuses personnes qui permettent à cet outil d'évoluer et de s'améliorer.


L'HERBIER DES ÎLES éparses

L'herbier est la principale composante des collections de la flore vasculaire des îles Éparses du CBM. Sa réalisation nécessite diverses étapes, quelques outils, certaines règles, un peu de bricolage et une bonne dose de savoir-faire. Il résulte de l'intervention de nombreuses personnes qui permettent à cet outil d'évoluer et de s'améliorer.

Dans le cas des missions sur les îles Éparses, les premières étapes sont réalisées in situ (collecte, étiquetage provisoire et séchage), tandis que le montage, l'étiquetage final et le stockage sont effectués au CBM.

1/ La collecte des échantillons végétaux et la prise d'informations in situ

herborisation GRANDE GLORIEUSE 20120521 JEBE12Les botanistes du CBM procèdent à la collecte du matériel végétal au gré des missions de terrain. Le matériel végétal peut être récolté pour diverses raisons : taxon dont la détermination est incertaine, voire inconnue, sur le terrain et qui nécessitera d'être déterminé à l'aide d'ouvrages de référence ; taxon absent de l'herbier du CBM ; taxon déjà présent dans l'herbier mais recensé sur une nouvelle localité ou présentant des caractères intéressants (fleur(s), fruit(s)...).

 

 

Lors de cette phase de collecte, il est fondamental de respecter quelques règles :

  • ne pas collecter un taxon lorsque sa population est réduite à quelques individus
  • collecter un échantillon informatif (présence de fleurs et / ou de fruits, bon état général…) et représentatif de l’espèce
  • prendre plusieurs réplicas par collecte
  • éviter si possible de collecter des échantillons mouillés, leur séchage étant particulièrement fastidieux

Carnet collecte-terrainLa prise d'informations relative à la collecte est tout aussi importante. Elle se fait habituellement au même moment que le prélèvement et concerne un certain nombre d'indications que l'on retrouvera sur l'étiquette finale accompagnant la part d'herbier (nom du taxon, collecteur, date, territoire, localité, coordonnées GPS et altitude, habitat, type de substrat...). Des notes relatives à la morphologie et à l'écologie du taxon in situ (couleur des organes, taille, odeur...) peuvent également être renseignées si elles apportent une aide à la détermination.

 

De plus, chaque échantillon prélevé doit pouvoir être précisément associé à son étiquette une fois de retour au laboratoire. Pour cela, un numéro unique (correspondant généralement au numéro de relevé) est associé à chaque évènement de collecte et il est reporté sur un bout de papier qui accompagnera l'échantillon végétal jusqu'à son montage final. Il garantit ainsi sa traçabilité.

Cette première étape nécessite de disposer à minima du matériel suivant : sachets de collecte ou presse d'herbier portative, étiquettes d'herbier ou carnet de notes, GPS et altimètre, sécateur...

Nota : toute collecte de matériel végétal sur les îles Éparses est strictement réglementée et nécessite de disposer d'autorisations préalablement délivrées par les Taaf.

soptomt-GRANDE GLORIEUSE-20140125-JH4 soptomt-GRANDE GLORIEUSE-20140220-JH5

 

2/ Le séchage des échantillons

Tas parts sanglées-20140721-JH02Puis vient la phase de séchage, qui va conditionner la qualité des planches d'herbier, leur esthétique et leur durée de vie. Cette étape doit intervenir le plus rapidement possible après la collecte. Par exemple, dans le cas des missions dans les îles Éparses, les parts collectées la matinée sont généralement mises à sécher dans l'après-midi.

Dans un premier temps, chaque échantillon, accompagné de son étiquette de récolte, est délicatement étalé sur une feuille de papier absorbant (format A3 une fois pliée) elle-même entourée de 2 feuilles de papier journaux. Il faut d'ores et déjà avoir une bonne idée de l'allure du montage final de façon à disposer chaque échantillon de la manière la plus adaptée : plier l'échantillon si trop grand, retourner quelques feuilles de manière à ce que les faces supérieures et inférieures soient visibles, éviter que des organes se chevauchent...

Tas parts sanglées-20140721-JH01

Les échantillons ainsi conditionnés sont alors empilés les uns sur les autres. Il est conseillé d'y intercaler régulièrement un carton épais ou des boîtes à œufs afin de favoriser la circulation d'air entre les parts.

Le pressage est ensuite assuré grâce à la mise en place de 2 sangles réglables autour de chaque pile d'échantillons qui vont permettre d'écraser à souhait les parts collectées.

Enfin, chaque pile sanglée est placée dans un tunnel de séchage en PVC spécialement conçu pour être démonté et transporté au gré des missions dans les îles Éparses. Les parts sont disposées à une extrémité du tunnel tandis qu'un ventilateur, placé à l'autre extrémité et allumé de manière continue, permettra d'assurer un séchage par flux d'air. Il ne restera plus qu'à contrôler tous les 3 à 4 jours l'état de séchage de chaque part afin de changer si besoin les papiers trop humides.

tunnel herbier-GRANDE GLORIEUSE-20140123-JH10 Plan tunnel séchage PVC2

 Un tel système favorise une ventilation efficace et continue des échantillons ce qui permet de réduire significativement les risques de moisissures et de limiter les opérations de remplacement des papiers de séchage. Pour un échantillon classique - pas trop gorgé en eau, ni trop épais - il faut compter 7 à 10 jours de séchage.

Scan Soptom1 Scan Soptom2

 

3/ Le montage des parts séchées et de leur étiquette

Une fois les échantillons séchés, on peut procéder à la phase de montage. Ce travail, particulièrement minutieux, se fait généralement au laboratoire. Il peut avoir lieu plusieurs mois voire années après les évènements de collecte et de séchage.
Monter une planche fait intervenir du matériel spécifique, nécessite de respecter quelques règles et requiert certaines qualités telles que méticulosité, rigueur et patience.

Dans un premier temps, il faut disposer chaque part végétale sur du papier de montage spécialement conçu pour les herbiers (poids de 250 g/m², format de 21,2 x 41,9 cm, teinte claire, pH neutre). L'opérateur dispose délicatement l'échantillon séché sur le papier de montage de façon à ce qu'il s'inscrive bien dans les dimensions maximales du papier (penser à laisser de la place pour l'étiquette d'herbier, pour une éventuelle enveloppe de semences et pour les divers éléments apposés lors des phases de numérisation) et qu'il soit le plus étalé possible (éviter au mieux que des organes se superposent...). L'échantillon sera alors fixé sur la planche grâce à des bandes collantes spécialement conçues pour ce type de travail. Dans le cas d'un grand échantillon, il convient de le découper en plusieurs morceaux qui seront montés sur autant de papiers que nécessaire.

montage herbierIE-20140507-JH17 montage herbierIE-20140507-JH24 montage herbierIE-20140507-JH27 montage herbierIE-20140507-JH20
montage herbierIE-20140507-JH9 montage herbierIE-20140507-JH12 montage herbierIE-20140507-JH13 montage herbierIE-20140507-JH15

 

Dans un sEtiquette herbierIEecond temps, il faut disposer l'étiquette finale accompagnant le végétal monté de manière à connaitre l'ensemble des informations relatives au taxon et à sa collecte. L'étiquette, préalablement éditée et imprimée, est collée systématiquement en bas à droite du papier de montage.

Enfin, chaque planche montée est protégée dans une chemise constituée d'un papier de 80 g/m² de format 41,9 x 58,4 cm rangement parts montées-20140721-JH01 plié en deux dans le sens de sa largeur. Une seconde chemise, faite en papier plus épais (170 g/m²) et de même format, peut être employée de manière à protéger un lot de planches montées.

 

Pour télécharger les instructions détaillées pour le montage et l'étiquetage des planches de l'herbier des îles Éparses, cliquer ici :

Planche Herbier Soptom2 Planche Herbier Soptom1

 

salle herbier-20140715-JH34/ Le stockage des planches montées

Afin de conserver durablement les planches d'herbier, il convient de les stocker dans un endroit frais, sec, ventilé et exempt d'insectes. Ainsi, un local a été aménagé au sein du laboratoire du CBM afin d'abriter les herbiers de La Réunion et des îles Éparses. Il présente des conditions de luminosité et de température contrôlées ainsi qu'un accès par sas. Il fait régulièrement l'objet de traitements par fumigations. De plus, un congélateur à froid sec permet de traiter les planches d'herbier, de manière préventive ou curative, contre toute attaque provoquée par les champignons ou les insectes.

salle herbier-20140715-JH5Les planches y sont classées par famille et elles sont rangées dans des cartons spécialement conçus pour qu'elles soient maintenues à plat et protégées des agressions extérieures (poussière, lumière, humidité...). Ces cartons sont eux-mêmes disposés sur des étagères métalliques réglables en hauteur et présentant un rayonnage suffisamment profond.

 

 

5/ Saisie des données et numérisation des parts

L'ensemble des données relatives à l'herbier des îles Éparses sont saisies au sein d'une base de données (de type tableur Excel). Celle-ci est régulièrement mise à jour en fonction des nouvelles déterminations, de l'ajout de parts...

Dans un futur proche, l'ensemble des parts d'herbiers montées vont être numérisées de manière à les rendre disponible en ligne à la communauté scientifique.


AUTRES COLLECTIONS VÉGÉTALES

En plus de l’herbier, le CBN-CPIE Mascarin abrite trois autres types de collections végétales de la flore vasculaire des îles Éparses.

 

L’alcoothèque

Cette méthode de conservation consiste à conditionner des parts végétales dans de l’alcool à 70° afin de pouvoir les observer une fois séchées.

ColleVgIE 20170530 PA43Elle est essentiellement appliquée à des végétaux montrant des difficultés de séchage (cas par exemple des plantes succulentes) ou afin de conserver intacts certains organes (les fleurs par exemple). Cette méthode permet en effet aux échantillons de garder leur taille ainsi que leur forme et elle met en évidence leur nervation. Elle présente par contre certains inconvénients tels que la perte des couleurs, une odeur désagréable et la nécessité de remplacer l’alcool de temps en temps.

Au CBN-CPIE Mascarin, chaque échantillon est conditionné dans un pilulier (hermétique et de taille adaptée) rempli d’alcool à 70°. Sur chaque pilulier est collée une étiquette indiquant les principales informations liées à l’échantillon (numéro d’identifiant unique, nom et famille du taxon, date et lieu de récolte, identité du récolteur, organe récolté et nombre de réplicas). Le numéro d’identifiant est également inscrit sur le bouchon de chaque pilulier pour faciliter leur recherche (classement par ordre de numéro d’identifiant).

ColleVgIE 20170530 PA45   ColleVgIE 20170530 PA67   ColleVgIE 20170530 PA56 

Tous les échantillons de l’alcoothèque des îles Éparses sont consignés dans une base de données (tableur Excel) disponible en téléchargement en cliquant ici (version juin 2019) :

La carpothèque

ColleVgIE 20170607 PA4Cette collection rassemble des semences (fruits et/ou graines) récoltées sur les îles Éparses, que ce soit sur semencier ou au sein de laisses de mer, puis conservées en l’état et à température ambiante.

Disposer d’un tel matériel permet son observation fine voire même sa dissection afin d’affiner les connaissances des mécanismes de multiplication et de dispersion de la flore vasculaire des îles Éparses. Cette collection constitue également un support éducatif ludique faisant appel à la vue et au toucher.

La phase de conditionnement consiste tout d’abord à nettoyer et sécher (naturellement ou à l’aide d’un dessiccateur ou d’une étuve) les semences. Chaque partie charnue doit être retirée sous peine de pourrissement. Puis, chaque échantillon est placé dans une boite transparente de taille adaptée sur laquelle est collée une étiquette indiquant les principales informations liées à l’échantillon (numéro d’identifiant unique, nom et famille du taxon, lieu de récolte et organe récolté).

Les boites sont disposées sur des étagères et classées par ordre alphabétique selon les noms scientifiques des taxons.

ColleVgIE 20170530 PA14   ColleVgIE 20170530 PA9   ColleVgIE 20170530 PA10 

Tous les échantillons de la carpothèque des îles Éparses sont consignés dans une base de données (tableur Excel) disponible en téléchargement en cliquant ici (version juin 2019) :

 

La silicathèque

ColleVgIE 20170530 PA38Cette collection rassemble des fragments végétaux baignés dès leur récolte dans des billes de silicagel de manière à les déshydrater en douceur et ainsi préserver au mieux leur matériel génétique. Ces échantillons ne sont donc pas voués à l’observation par des botanistes mais à leur étude par des spécialistes en biologie moléculaire et en sciences de l’évolution. De tels travaux permettent par exemple de mieux appréhender la complexité de certains groupes taxonomiques ainsi que les liens de parenté et les origines des plantes des îles Éparses grâce à une approche par la classification phylogénétique.

La phase de conditionnement est cruciale afin de disposer d’un matériel génétique de bonne qualité. Elle débute dès la récolte de terrain où l’échantillon prélevé (généralement un fragment de feuille parfaitement propre) est aussitôt placé dans un récipient contenant des billes de silicagel placées préalablement (un pilulier hermétique ou un filtre à café lui-même rangé dans une boite hermétique au fond empli de silicagel) accompagné de son numéro d’identifiant unique. De retour au laboratoire, l’échantillon végétal est coupé en fines lamelles qui sont plongées dans un pilulier hermétique aux ¾ rempli de billes de silicagel. Bien veiller à nettoyer son ciseau à l’alcool entre deux échantillons à découper et à remplacer les billes de silicagel dès le moindre signe d’hydratation (changement de couleur généralement).

Sur chaque pilulier est collée une étiquette indiquant les principales informations liées à l’échantillon (numéro d’identifiant unique, nom du taxon, date et lieu de récolte). Le numéro d’identifiant est également inscrit sur le bouchon de chaque pilulier pour faciliter leur recherche (classement par ordre de numéro d’identifiant).

Enfin, des lots de piluliers sont rangés dans des grandes boites hermétiques au fond recouvert de billes de silicagel pour une double protection.

 ColleVgIE 20170530 PA18   ColleVgIE 20170530 PA24   Max ColleVgIE 20170530 PA8

Tous les échantillons de la collection en silicagel des îles Éparses sont consignés dans une base de données (tableur Excel) disponible en téléchargement en cliquant ici (version juin 2019) :

 

L'ensemble de ces échantillons peuvent être mis à disposition de la communauté scientifique sur la base de certaines modalités définies par convention. N’hésitez pas à nous contacter !


 

 

collaborateurs ET PARTENAIRES

Collaborateurs

Ces collections végétales constituent un outil vivant, évoluant régulièrement grâce aux contributions de nombreux collaborateurs du CBM à divers stades de leur réalisation :

Identité Fonction au CBM
Coordination Collecte Détermination Montage

Archivage

Développement informatique

ANXIONNAZ Perle Volontaire en Service Civique   X    X X  
ARAUX Guillaume Stagiaire       X    
BARBÉ Marion Service civique       X    
BAUDRY Laurie Stagiaire       X    
BEAUREPAIRE Jérémy Médiateur   X        
BOULLET Vincent Directeur scientifique (2003-2008)   X X      
CALTEAU Laëtitia Bénévole       X    
CHARLETTINE Tricia Stagiaire       X    
CUIDET Yann Informaticien           X
CHAUVRAT Antoine Volontaire en Service Civique    X   X X  
DIAZ Flavio Bénévole       X    
DICQUE Gabrielle Stagiaire   X        
DUFOUR Betty Stagiaire   X        
DUMEAU Benoit Écovolontaire   X        
FÉRARD Johnny Botaniste   X X X X  
FONTAINE Christian Chargé de mission   X X      
FONTAINE Frédéric Bénévole       X    
FONTAINE Léa Bénévole       X X  
GIGORD Luc Directeur X X        
HARZALLAH Kahaina Bénévole       X  X   
HIVERT Jean Chargé de mission X X X   X  
JAVEGNY Chloé Marie Laurence Stagiaire       X X  
LACOSTE Marie Chargé de mission   X        
LAURET Jean-Louis Stagiaire           X
PICOT Frédéric Responsable service   X        
VALÉRY Audrey Bénévole       X    

 

Partenaires

Grâce à la collaboration de personnes telles que Pete LOWRY, Peter PHILLIPSON, Ehoarn BIDAULT et Marc PIGNAL, des partenariats ont été officialisés entre le CBM et les herbiers respectifs du Missouri Botanical Garden et du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. Ces partenariats, basés sur le transfert de parts végétales des îles Éparses auprès de ces 2 herbiers de référence, vont permettre à l'herbier des îles Éparses de bénéficier d'un rayonnement international grâce notamment à la saisie des étiquettes d'herbier au sein des bases de données Tropicos® (MBG) et Sonnerat-BryoMico (MNHN). Ils vont également permettre d'échanger sur les aspects taxonomiques et nomenclaturaux de la flore vasculaire des îles Éparses.

Depuis juillet 2016, les données de l'herbier des îles Éparses sont accessibles en ligne sur Tropicos® (faire une recherche en tapant 'CBNM' en nom de récolteur/Senior Collector).

Depuis 2019 des parts végétales sont également transmises au Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève (Suisse), au Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza (Antananarivo, Madagascar), à l'antenne de Mayotte du CBM et à l'Université Libre de Bruxelles.

 

Rédaction : Jean HIVERT & Johnny FÉRARD - Août 2014 ; Jean HIVERT & Perle ANXIONNAZ - Mai 2017 (mise à jour : juin 2019)